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Mercredi 31 mai 2006

Et voilà le psychodrame des Verts qui joue la prolongation puisque, comme celle de Jean-Louis Gergorin ce matin, la garde à vue du résultat de la primaire entre Yves Cochet et Dominique Voynet a été reconduite de 24 heures jusqu'à jeudi 1 juin 2006. Non seulement, les Verts n'arrivent pas à départager leurs candidats mais en plus, c'est à présent les règles pour déterminer les bulletins valides qui posent problème. Alors que cela semble faire marer la jeune porte-parole des Verts, Cécile Duflot éliminée au premier tour - "En Italie, en Floride, partout on recompte les bulletins. Chez nous aussi!", a-t-elle lancé, Yann Wehrling doit beaucoup moins goûter la problématique et sentir dans son dos monter le désarroi et l'inquiétude d'un grand nombre de membres du parti face à cette situation qui part en vrille.

Les Verts sont-ils privés de candidats parce qu'il, pour en sourire, leur est trop compliqué de faire une croix sur un bulletin et qu'après les scrutateurs ne savent plus quels bulletins compter ? En tout cas, ça semble manquer un peu de sérieux au niveau du bureau national et, selon mon avis personnel, Yann Wehrling m'apparaît une fois encore pas à la hauteur de la direction d'un parti. Déjà hier, je soulignais qu'à ne tenir à rien, ce vote à présent ne signifie plus rien. Mais en plus, cette débauche d'énergie n'aura au final pas d'autre vocation pour les Verts que de présenter un ou une candidat(e) qui fera peu ou prou 2 ou 3% au premier tour en 2007. Face à ce double constat de simulacre de primaire et petit score annoncé, se murmurent des alternatives dans les travées de la Chocolaterie (siège des Verts) convergeant vers l'abandon d'un candidat maison. Première option : José Bové, seconde option : un accord programmatique et électoral avec le PS.

Mon point de vue est clair : le PS devrait profiter de cette occasion de flottement chez les Verts pour relancer des discussions entre les deux partis amis. Tout le monde a y gagner. Un accord PS-Verts avec une candidature unique à la présidentielle serait indéniablement pour le PS un gage supplémentaire contre une réédition du 21 avril et pour les Verts quelques assurances d'un lendemain d'élection moins difficile que celui qu'ils se prépareraient seuls. Ces 2 à 3% que les Verts pourraient réaliser valent chers pour les deux formations amis, alors autant les utiliser intelligemment. Et puis bien sûr, il y a aussi le PRG, qui pour l'instant pèse essentiellement dans leurs négociations avec leur alliés par leur menace fantôme nommée Bernard Tapie. Le PRG, c'est environ 2%. Ce serait bien, venant du PS, de les inviter avec les Verts à la table des discussions. Les raisons sont les mêmes et les intérêts convergents. Et finalement au PS, pour l'instant ce qui compte le moins c'est de savoir qui va être candidat car ce qui compte d'abord c'est d'éviter la répétition du 21 avril. Alors que tous les présidentiables se concentrent sur le projet et réfléchissent en même temps à l'accord programmatique à proposer aux amis Verts et PRG. Parce que si au final, même si on est proche de la science fiction, on voit José Bové et Bernard Tapie au premier tour, c'est un nouveau 21 avril qui s'annoncera...

Sur le sujet : Toujours pas de candidat des Verts à la présidentielle (AFP) et Le recomptage des voix de la primaire chez les Verts s'éternise (Reuters)

Par Christophe - Publié dans : Les archives
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